La trame noire, alliée de la biodiversité

La trame noire, alliée de la biodiversité

Pendant la nuit, la lumière est source de déséquilibre, pour nous, mais aussi pour les espèces végétales et animales.

Les scientifiques s’accordent à dire que la lumière artificielle nocturne est néfaste pour la totalité des organismes vivants.
Parmi les nombreux impacts, on trouve :

  • La suppression de l’alternance jour et nuit, qui induit un dérèglement de l’horloge interne des organismes perturbant ainsi le sommeil, l’alimentation, la reproduction et le cycle des saisons chez les plantes.
  • La création de pièges attractifs pour les insectes et les chauves-souris qui finissent par mourir d’épuisement sous les réverbères.
  • La suppression de la visibilité des étoiles avec lesquelles se repèrent les oiseaux dans leurs grandes migrations.
  • La création de barrière infranchissable à l’image d’un mur pour certaines espèces nocturnes comme les chauves-souris et les amphibiens.
  • Le morcellement et l’isolement de petites zones sombres entourées par la pollution lumineuse et donc, la réduction des habitats pour les espèces ayant besoin d’une obscurité totale.

La trame noire ?

Face à ces enjeux de biodiversité, mais également à la crise énergétique et à l’émergence de la notion de sobriété, la « Trame noire » a émergé.

Les trames sont des portions de territoires continus qui relient des espaces naturels entre eux. Ce sont des corridors qui présentent des conditions favorables pour que les espèces animales et végétales réalisent des déplacements fréquents pour se nourrir, se reproduire ou des déplacements plus rares, comme les migrations par exemple.
Les trames noires sont des corridors dans lesquels la lumière artificielle nocturne est exclue ou réduite un maximum pour favoriser et faciliter les déplacements des espèces crépusculaires et nocturnes.

Pourquoi une trame noire en ville ?

L’Atlas de la Biodiversité Communale a démontré la présence de 14 espèces de chauves-souris en ville le long de la Torse et de l’Arc en France métropolitaine, 34 espèces sont présentes.

Les chauves-souris ou chiroptères sont des petits mammifères volants, toutes insectivores en France. Ce sont des êtres très sensibles aux perturbations de leur écosystème, elles sont toutes protégées par la loi, à ce titre, on ne peut pas les déranger, les tuer ou porter atteinte à leur gîte.

Les chauves-souris sortent de leurs gîtes au crépuscule et partent à la recherche de nourriture ou de sites dans lesquels chasser. Selon les espèces, elles gîtent dans des grottes, des arbres ou des bâtiments, la plupart d’entre elles effectuent des migrations saisonnières pour trouver des gîtes d’été et des gîtes d’hiver. Les cours d’eau et leur forêt associée : la ripisylve, sont des continuités dans le paysage par lesquelles de nombreuses espèces transitent. La Torse coule du nord au sud et relie le massif de Bibémus au Montaiguet et l’Arc coule d’est en ouest et traverse toute la commune pour se jeter dans l’étang de Berre. Ces deux cours d’eau sont des continuités toutes désignées pour le passage des chauves-souris en pleine ville.

Quelques espèces présentes sur Aix-en-Provence :

Le Minioptère de Schreibers

Le Minioptère de Schreibers {JPEG}

L’Oreillard gris

L'Oreillard gris {JPEG}

Le Molosse de cestonie

Le Molosse de cestonie {JPEG}

Les milieux favorables aux chauves-souris :

Deux autoroutes à chauves-souris ? Oui ! Mais fragmentées par l’éclairage nocturne !

L’ABC a démontré également la présence de points de conflits entre la Torse, l’Arc et les points d’éclairages.

La démarche de la Trame noire aixoise est de questionner la pertinence de l’éclairage sur la base de la fréquentation et de l’usage humain d’un site éclairé, de la présence d’enjeux de biodiversité pour ensuite trouver des solutions :

  • Extinction définitive de l’éclairage,
  • Extinction en cœur de nuit,
  • Éclairage sur détection de mouvement,
  • Réduction de l’intensité lumineuse,
  • Utilisation de led avec des températures de couleur chaude qui impacte le moins les organismes,
  • Orientation du flux lumineux sur l’élément a éclairer sans baver sur les milieux semi-naturels.

Autant de solutions à tester à l’occasion du déploiement progressif de la trame noire aixoise Torse et Arc.

Durant l’année 2024 et 2025, les chauves-souris seront étudiées par les chiroptérologues pour évaluer l’efficacité des changements opérés !