La céramologie s’attache à l’étude des poteries. C’est une des premières spécialités développées à la fin du XIXe siècle par les archéologues. Principale source de datation des vestiges, la céramique est l’objet le plus représenté sur tous les sites archéologiques du Néolithique à nos jours, l’étude des céramiques contribue à la compréhension globale d’un site.
En contribuant au-delà de la datation des occupations du site à la compréhension des activités accomplies sur le site, et dans certains cas à la distinction au sein d’un même site, des espaces fonctionnels (habitat, stockage, artisanat, culte…), à l’évaluation du statut social des occupants (mobilier domestique, mobilier de prestige), à la compréhension des courants commerciaux (céramiques locales, régionales, importées…), à la connaissance des pratiques alimentaires et des manières de tables (faciès fonctionnels, traces d’utilisation…), à l’identification des pratiques funéraires et à l’étude des modes de production de la céramique (façonnage, traitement des surfaces, cuisson).
Sur le terrain, la présence ponctuelle ou continue du céramologue permet de proposer les premières hypothèses de datation du site, d’orienter la stratégie de fouille et de fixer les priorités. Lors de la découverte d’un ensemble conséquent de mobilier, le céramologue met en place un protocole de prélèvement qui, par la suite, optimisera l’étude en laboratoire.
En laboratoire, l’étude du mobilier céramique exige une méthode rigoureuse. Après le nettoyage, le tri par catégories (aspect de la pâte, technique de montage, finition, cuisson…) ou par groupes de production fait l’objet d’un premier inventaire. Le recollage de tessons permet de reconstituer la forme la plus complète possible des vases, mais aussi de travailler sur la chronologie (contemporanéité de deux structures ayant livré des fragments d’un même vase). L’inventaire plus spécifique fondé sur les éléments formels (bords, fonds, anses, décors…) complète le tri en établissant le nombre minimum d’individus ( estimation théorique du nombre de vases mis au jour, à l’échelle de la structure, du secteur, du site ou d’un ensemble de sites). Vient ensuite l’étape de détermination des différentes formes : écuelle, pot, cruche, bol…, puis celle de l’enregistrement de la totalité des données recueillies lors de l’identification dans une base de données en vue d’ analyses statistiques. Parallèlement, la réalisation de dessins techniques permet de documenter les formes observées et de faire des comparaisons avec des vases en provenance d’autres sites.
Dans certains cas, des analyses chimiques peuvent être envisagées afin de révéler le contenu des vases.