L’archéologie environnementale

Travail d’un géomorphologue sur le terrain : l’examen des différentes couches sédimentaires.

En France, c’est le préhistorien Casimir Picard qui, au XIXe siècle, fut le premier, à utiliser aussi bien les données des sciences naturelles que celles des sciences humaines pour l’étude des vestiges préhistoriques. Dès 1830, les spécialistes commencent alors à envisager l’histoire humaine à l’échelle de l’évolution biologique, connectant ainsi l’histoire de la Terre à celle de l’homme.

Développées conjointement à la géologie, les études préhistoriques sont à l’origine des premières réflexions de l’archéologie environnementale. Les interrogations portaient alors sur l’origine des gros apports sédimentaires repérés sur les vestiges d’occupations humaines ou sur les ressources naturelles exploitées.

L’application de cette discipline à l’archéologie des périodes historiques est plus tardive et ne prend son essor que dans les années 1970.

Comprendre les interactions de l’homme avec son milieu et restituer les caractéristiques que ce dernier a pu prendre, au fil du temps, sont les objectifs de l’archéologie environnementale dont l’objet porte sur les paléo-environnements. Cette discipline se base sur la description et l’analyse des différentes strates qui constituent le sous-sol, au sein ou à proximité de sites archéologiques.

Travail d’un géomorphologue sur le terrain : le prélèvement des différentes couches sédimentaires.

Cette première étude, dite stratigraphique, vise à définir précisément l’imbrication des enregistrements sédimentaires au sein desquels les plus anciens sont, d’ordinaire, les plus profonds. Elle peut se faire soit par l’intermédiaire de coupes dites « naturelles », c’est-à-dire par l’observation des flancs de talus ou des escarpements existants, soit lors de fouilles archéologiques, par le biais de sondages ciblés en fonction des données recherchées.

Cependant, la complexité des relations entre les sociétés et les systèmes écologiques nécessite, pour les appréhender au mieux, d’adopter une approche pluridisciplinaire embrassant également l’observation des paysages actuels, l’étude géologique des sédiments, ainsi que l’analyse des restes de faune et de flore enfouis ; interviennent alors la géoarchéologie, l’archéozoologie et l’archéobotanique.

Ces diverses disciplines permettent d’acquérir des informations sur l’état de l’environnement dans un secteur et à une période déterminée. Une des principales difficultés reste sans doute ce dernier point : il n’est pas toujours aisé de dater précisément les différents milieux que l’on a pu caractériser.

Travail d’un géomorphologue sur le terrain : la description des différentes couches sédimentaires.

Afin de réduire les marges d’erreur, on combine plusieurs techniques de datation, basées sur les vestiges archéologiques ou sur des méthodes physico-chimiques dont la plus connue est la datation radiocarbone (le carbone 14).