Interview de Sophie Joissains

Interview issue du Aix le Mal n°55

Aix le mag : Comment jugez-vous l’offre de soins sur notre territoire ?

Sophie Joissains : Comparés à d’autres nous n’avons pas à nous plaindre. Certains territoires, en France, sont aujourd’hui considérés comme des déserts médicaux. C’est catastrophique. Certaines personnes sont obligées de faire de longs trajets et / ou attendre des mois pour consulter un spécialiste. Ce n’est pas notre cas et je ne peux que m’en réjouir. Nous disposons de plusieurs infrastructures médicales importantes dont plusieurs sont à la pointe de la technologie. Et l’attractivité d’Aix-en- Provence, en France et en Europe, permet d’attirer du personnel soignant dans nos hôpitaux. Ceci dit, notre territoire manque de médecins libéraux et certains ne parviennent pas à trouver de successeur.

ALM : Que faire face à cette pénurie de médecins ?

S.J. : Oui, même s’il ne s’agit pas d’une compétence de la Ville, je porte une attention particulière au sujet de la santé. Nous agissons pour favoriser l’installation de centres médicaux, notamment dans les quartiers, depuis longtemps. Il y en a un à Corsy, un autre que nous venons d’inaugurer à Beisson, sur la place Joséphine Baker. Nous avons d’autres projets de ce type, notamment sur Encagnane dans le cadre de la rénovation urbaine du quartier et sur le Jas de Bouffan aussi. La Ville prévoit des locaux pour y accueillir des médecins et permettre une offre de soin de proximité. La proximité est au centre de la politique que nous mettons en place.

ALM : La Ville a décidé de soutenir financièrement l’hôpital à travers son projet des urgences. Pourquoi ?

S.J. : Nous devons donner aux soignants les moyens de soigner. Les urgences de l’hôpital ont besoin d’être redimensionnées car elles profitent à tous, sans distinction. Plus de 40 000 passages aux urgences adultes sont enregistrés chaque année. Nous avons vu durant la période du Covid à quel point les urgences étaient fondamentales. Lorsque l’hôpital m’a annoncé une aide exceptionnelle de l’Agence Régionale de Santé, j’ai immédiatement souhaité que la Ville s’engage et j’ai sollicité le Département et la Métropole par un courrier adressé à leur Présidente. Cette aide de la Ville profitera également aux urgences pédiatriques qui ont connu une hausse de 23 % de leur activité en un an.

ALM : Au-delà de la dimension médicale, comment la Ville peut-elle intervenir sur la santé ?

S.J. : Bien sûr, la dimension médicale est essentielle, mais elle n’intervient que lorsqu’un patient est malade. Notre rôle en tant que collectivité est de mettre en place des politiques et d’aménager des infrastructures pour que la population reste en bonne santé. Cela passe par des plans de prévention spécifiques, la mise en place de l’accessibilité mais aussi par une conception plus générale. Ramener la nature en ville, mettre en place un plan vélo, développer le bio dans les cantines ou encore développer des aires de sport en libre-service dans les parcs et jardins, sont des actions de prévention qui favorisent le maintien d’un bon état de santé général. Avec notre projet de Plaine Nature dans le cadre de la rénovation du complexe sportif Carcassonne, nous voulons ouvrir le complexe, le rendre accessible aux familles, à la pratique du sport loisirs. Mais ce n’est qu’un exemple, il y en a bien d’autres. Notre objectif est d’améliorer le cadre de vie des Aixois pour qu’ils restent en bonne santé. La ville du quart d’heure peut permettre de raccourcir les trajets et de limiter les émissions de CO2, nocives pour la santé.


Article issu du "Aix le Mag" n°55, à consulter entièrement ici